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AG de l’UNAM Lyon le 24/11/2009

RAPPORT MORAL (extraits)

L’UNAM C’EST AUJOURD’HUI

 

-Une cinquantaine de mutuelles représentant plus de 450 000 mutualistes.

-Nos choix sont politiques. Nous refusons de disparaitre. Nous voulons nous regrouper et non fusionner.

-Nous considérons que la santé n’est pas une marchandise.

-Que la construction, par croissance externe de grandes mutuelles provoque la disparition de centaines de mutuelles et entraine la disparition de milliers de militants mutualistes. Plus de 6000 mutuelles en 2001 et moins de 700 aujourd’hui.

-Comment être alors un mouvement ancré dans la population ?

-Vouloir jouer dans la cour des assurances est mortifère pour la mutualité.

-Nous le disons très clairement : Une autre mutualité est possible.

-Une mutualité défendant une Sécurité Sociale universelle et se battant pour un régime de protection sociale de haut niveau solidaire et géré par les assurés sociaux. Il faut revenir à l’élection des administrateurs.

 

Les directives européennes, demandées par la mutualité, ont porté un coup rude sur le plan règlementaire et financier : les réserves obligatoires sont passées de 10% à plus de 26 % des cotisations.

 

PARLONS VRAI

En effet, nous devons nous aussi parler de luttes des classes. Et je prends comme témoin non pas un vilain gauchiste indigent, mais W. Buffet qui déclare : « la lutte des classe existe et nous sommes entrain de la gagner »

Oui, l’une des plus grandes fortunes de la planète n’a pas peur de parler vrai.

Et nous allons-nous oser parler vrai ?

 

QUEL EST L’ENJEU ?

Une masse d’argent colossale, de 540 milliards €, qui échappe, pour grande partie, au marché capitalistique donc aux actionnaires.

La santé et ce depuis sa création la sécu, a toujours été la convoitise des tenants du capital. Avec plus ou moins de réussite, selon les pouvoirs en place et les luttes menées.

Le secteur privé grignote ce que certains, appellent des parts de marché.

En France, 92 % de la population vivant sur le territoire possèdent une couverture complémentaire. Dont 7 % de personnes couvertes par la CMU

La CMU qui aujourd’hui est financée en totalité par les complémentaires. 5,9 % des cotisations.

Référence, la lettre du fond de financement de la CMU du mois d’avril dont le directeur est Jean-François Chadelat fait le point sur l’évolution du « marché » et oui, même la CMU fait partie du marché.

4 174 753 personnes sont bénéficiaires de la CMU.

597 000 personnes bénéficient de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé.

 

Cette aide pourrait bénéficier à plus de 2 millions de personnes. Le total CMU et aide correspond au 7 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. De plus en plus le régime obligatoire se désengage et se sont les personnes qui doivent participer financièrement.

Depuis des années, si nous faisons la liste des déremboursements de médicaments, des forfaits divers (le forfait hospitalier a augmenté de plus de 500 % depuis sa création en 1983), certaines mutuelles n’ont pas voulu rentrer dans le système de remboursement de celui-ci. Résultat une fuite des adhérents. Elles ont du faire marche arrière.

 

Le forfait sur les actes médicaux de plus de 90 €

Les franchises.

La taxe pour payer le vaccin de la grippe.

Le Président de la FNMF, s’empressant de donner son accord arguant de la solidarité indispensable devant une telle situation

 

Les dépassements d’honoraires, véritable scandale :

-760 millions en 1977,

-Plus de 1,6 Md € en 2005,

-Plus de 2 Md€ en 2007.

 

Donc, sur 18 Md€ d’honoraires, 2 Md€ sont supportés par les personnes après la participation des complémentaires.

La situation des mutuelles qui refusent l’exclusion est de plus en plus difficile. D’un côté nous devons palier aux carences du régime, de l’autre nous devons constituer des réserves de plus en plus conséquentes et nous devons faire face à des exigences techniques très pointues. Tout cela avec la cotisation de l’adhérent. In fine celui-ci ne peut plus payer. Nous provoquons nous même de l’exclusion.

Un comble !!!

 

Tout est fait, organisé pour casser la solidarité, et ce de façon minutieuse et réfléchie.

De plus en plus, le principe de payer en fonction de ses moyens et de recevoir en fonction de ses besoins est mis à mal.

Et ne dites pas que les réformes ont échoué.

Non elles ont réussi.

Elles ne sont pas là pour répondre aux besoins des populations. Elles sont là pour alimenter la soif des assurances, des grands groupes pharmaceutiques et des cliniques privées. Savez-vous que la Générale de Santé a distribué plus de 400 millions € en 2007 à ses actionnaires!!!

La CCAM, la T2A ont été le fer de lance de la destruction de l’hôpital public suivi du plan hôpital 2007. Aujourd’hui parachevé par la loi HPST. Loi qui est même contestée par de grands professeurs qui refusent que l’hôpital soit géré comme une vulgaire entreprise et soit soumis à la rentabilité.

Il faut abroger cette loi.

 

La mise en place des ARS pose problème. Sous couvert de décentralisation régionale, nous assistons à une étatisation plus grande. Les Directeurs des ARS, en fait des supers préfets de la santé, sont nommés par le conseil des ministres, donc par le Président de la république. Et comme il faut savoir récompenser les personnes pour les services rendus, nous trouvons, entre autre, comme directeurs Claude Evin ancien ministre, Daniel Lenoir ancien Directeur général de la FNMF.

Un mot concernant le parcours de santé mutualiste élaboré par la mutualité française. Celui-ci est dangereux car il porte en lui la création de filières et participe ainsi à la casse d’une protection sociale universelle.

 

LA SANTE N’EST PAS UNE MARCHANDISE CLAMONS LE HAUT ET FORT

La loi sur les contrats groupes obligatoires fait aussi partie de l’arsenal. En effet quoi de plus destructeur que l’organisation de la santé par entreprise. Surtout que les retraités sont exclus la plus part du temps du système. Bonjour la solidarité, le salarié qui a produit les richesses de l’entreprise se retrouve au moment de sa retraite avec une perte de pouvoir d’achat, et à cela nous devons rajouter l’arrêt de la participation de l’employeur sur sa cotisation plus la sortie du contrat groupe. Il voit donc sa cotisation souvent multipliée par trois.

L’employeur est exonéré de cotisation sociale sur sa participation qui pratiquement se fait uniquement sur le salarié. La notion famille n’existe pratiquement pas.

A qui, à votre avis profitent les contrats groupes ? Aux assurances capitalistiques et aux Institutions de Prévoyance. Celles-ci sont d’ailleurs aujourd’hui totalement inféodées aux sociétés d’assurances. La mutualité perd des adhérents.

Le chiffre d’affaires des assurances augmente régulièrement et ce plus fortement que celui des mutuelles.

Deux remarques :

-Cela prouve à l’évidence le glissement de l’obligatoire vers le complémentaire.

-Les réformes bénéficient bien aux assurances.

 

Une autre loi en préparation sur ce qui est appelé, à tort le cinquième risque.

Sous ce vocable sont désignés le handicap et le vieillissement.

Parler de risque concernant ces deux sujets est un contre sens. Mais ce n’est pas innocent.

En effet, le risque fait partie des aléas de la vie. En prenant notre voiture nous avons un risque d’accident, nous avons un risque de contracter une maladie. Il appartient à la société de fixer les règles et le périmètre de l’assurance en fonction de critères quelle doit définir.

Mais nous n’avons pas de risque de vieillir, nous allons vieillir. C’est un fait inéluctable.

Ce n’est donc pas un risque. La société se doit de répondre à la totalité des besoins et des situations inhérentes à cette période de la vie.

Le déficit de la Sécurité Sociale est organisé, d’ailleurs, la cour des comptes ne parle pas de déficit dans son rapport, il sert de justification pour amplifier sa casse.

 

Le constat et l’état des lieux sont nécessaire ,et pourtant cela ne suffit pas

Alors de quoi devons-nous parler ?

-D’un choix de société.

-De la répartition des richesses.

Le transfert travail sur capital représente plus de 9,3%, ce transfert est évalué entre 120 et 170 milliards d’euros.

 

Petit zoom sur l’évolution des taux de cotisations dites patronales sur la masse salariale du SMIC

33 % en 1990 4,38 % en 2008

 

Et le ministre du budget de se féliciter, le 23 avril sur France inter, de l’exonération de plus de 30 milliards € des charges dites patronales.

Combien manque t-il pour couvrir le déficit ?

Quand ont veut se débarrasser de son chien………………… vous connaissez la suite.

 

Nous devons privilégier une politique de santé et non uniquement de soins. Pour cela la prévention doit être au cœur du système. Et l’entreprise ne doit pas être en dehors de cette orientation.

 

La Sécurité Sociale était une belle maison toute équipée pour assurer une mise en sécurité sociale des personnes vivant sur le territoire. Nous y trouvions la santé, la famille, la vieillesse, le chômage.

Tout cela construit sur des fondations solides , avec un toit protecteur.

Cette belle bâtisse, au fil des ans a subi bien des dommages.

Redonnons-lui une nouvelle jeunesse.

Quel beau chantier à mener.

 

Pour cela :

-Faisons connaitre notre existence, nos positions.

-Démultiplions nos actions.

-Interpelons, manifestons, proposons.

-La période est propice.

-La crise que nous subissons met en exergue les tares du capitalisme, incapable d’apporter des réponses aux besoins des populations et de la planète.

-Nous souffrons cruellement de perspectives, d’utopies.

-Travaillons pour construire une protection sociale de haut niveau, répondant aux besoins des populations, permettant d’être en sécurité sociale de la naissance à la fin de vie où la prévention et la santé au travail seront réellement prises en compte où l’hôpital public sera l’un des piliers essentiels du système de soins.

-Travaillons à la mise en chantier d’une politique de santé et non de soins.

-Travaillons sur le financement et de la gestion démocratique du système.

-Ensemble élaborons des propositions et mettons les en débat avec les mutualistes, le mouvement social et syndical, les professionnels de santé.

 

Ensemble, il nous appartient de tracer la voie pour nous bien sûr mais surtout pour nos enfants et nos petits enfants.

C’est notre devoir, c’est notre responsabilité.

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