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La C.M.U

La charité ne résout pas l’injustice faite aux plus pauvres

La C.M.U : La charité ne résout pas l’injustice faite aux plus pauvres

 

Toutes les réformes régressives qui ont lieu depuis 43 ans ont comme conséquence d’augmenter les inégalités sociales de santé et donc de dissoudre à chaque fois un peu plus le principe de solidarité.

Principe de solidarité dont la définition est : «à chacun selon ses besoins et chacun doit y contribuer selon ses moyens».

La première conséquence de ces réformes régressives est que nous allons de jour en jour vers un système qui fonctionne selon le slogan « à chacun selon ses moyens financiers».

Tous ceux qui utilisent ce même modèle sont tellement conscients de cela, qu’ils essayent de masquer les conséquences néfastes de ces réformes régressives, en utilisant l’outil de la charité à la place du principe de solidarité.

Charité, qui vise à maintenir, voire à faire prospérer, les inégalités créant des mesures de communautarisme social avec des droits attachés à la qualité de pauvres.

La C.M.U et la C.M.U-C correspondent tout a fait à cette politique de charité institutionnalisée.

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Avec 2,1 millions de bénéficiaires à fin mars, les effectifs de la C.M.U de base ont progressé de 4,7% depuis décembre 2009, constate le fonds C.M.U dans sa revue trimestrielle.

Passons à l’analyse de la C.M.U-C pour montrer qu’elle est incapable de résoudre le problème des inégalités croissantes de santé.

Une récente étude de l’Institut de Recherche et Documentation en Économie de la Santé (I.R.D.E.S) vient de montrer le lien entre le montant d’aide a l’Acquisition d’une Complémentaire Santé (A.C.S) et le nombre de bénéficiaires.

Pour comprendre les résultats de l’étude, rappelons que depuis janvier 2005, l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (A.C.S) permet d’alléger le coût de la couverture complémentaire pour les ménages dont le revenu ne dépasse pas le seuil de la couverture maladie universelle (C.M.U) de plus de 20%.

L’enquête montre que, malgré des montants “non négligeables” (proches de 50% du coût du contrat moyen en 2006), le dispositif “ne semble pas susciter une forte demande”, précisant que ce processus a concerné 240.659 personnes en novembre 2006, 329.549 en novembre 2007 et 441.948 en novembre 2008 pour une population potentielle estimée à environ 2 millions de personnes en 2005.

 

Une des causes avancées reste le sempiternel manque d’information.

Grand argument des néolibéraux pour masquer l’échec en termes de santé publique de toutes les réformes régressives dans le domaine de la santé.

Les auteurs avancent aussi une autre cause: celle de l’insuffisance du montant de l’ A.C.S.

Ils montrent que pour ceux dont le revenu est compris entre 600 et 700 euros (éligibles à l’ A.C.S), lorsque le prix de la complémentaire est subventionné à plus de 90%, la proportion d’acheteurs est de 100%.

Ils prédisent que même avec une meilleure information, il n’y aurait pas plus de 55% d’acheteurs de complémentaires santés. Les auteurs préconisent plutôt le relèvement du seuil d’éligibilité à la C.M.U-C plutôt qu’une hausse du montant de l’ A.C.S.

Leur proposition améliorerait un peu les choses ,car le seuil actuel situé en dessous du minimum vieillesse (M.V) et de l’allocation adulte handicapé, prive certaines personnes âgées et handicapées du dispositif.

Mais la lecture de l’étude montre bien qu’améliorer n’est pas résoudre.

Pour résoudre définitivement le problème soulevé par cette étude, il convient, contrairement a auteurs leurs auteurs de changer le modèle et de remplacer le dispositif C.M.U-C.M.U-C et A.C.S par la proposition de l’accès à la prévention et aux soins de qualité pour tous sans effet de seuil remboursés par la Sécu à 100% pour tous les soins utiles et nécessaires.

Bernard Teper.

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