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La défense de la chirurgie cardiaque

 

LA DEFENSE DE LA CHIRURGIE CARDIAQUE AU CHU HENRI MONDOR(94) DONNE DES ENSEIGNEMENTS POUR LA PERIODE

 

La lettre des cardiologues de l’hôpital marque un tournant.

Lettre de réponse des cardiologues de l’hôpital Henri Mondor Santé : quand la concentration dégrade l’efficience !

 

Dans un éditorial des Echos en date du 23 Février :

Monsieur Jean Francis Pécresse défend la position de l’ARS (Agence Régionale de Santé) sur la fermeture du service de chirurgie cardiaque de l’hôpital Henri Mondor, au nom d’une « chirurgie salvatrice », rationnalisée et adaptée aux contraintes budgétaires et aux évolutions médicales de son temps.

Monsieur Pécresse commet ainsi plusieurs inexactitudes.

 

La première est de qualifier la décision de l’ARS de « courageuse » alors que son directeur se borne à forcer l’AP-HP à fermer un de ses 4 centres de chirurgie cardiaque et récompense le chef de service qui a fait chuter l’activité chirurgicale de Mondor en lui offrant à La Pitié le « consultanat » refusé à Mondor.

 

La seconde inexactitude est d’invoquer les arguments de  « bonne gestion » concernant Mondor.

L’hôpital Henri Mondor est actuellement le CHU le plus équilibré budgétairement et son pôle de cardiologie, qui comprend deux services de cardiologie, un service de chirurgie vasculaire et un service de chirurgie cardiaque, représente 20% des recettes de l’hôpital et  3,6 millions d’euros d’excédent en 2009.

La gestion de l’hôpital Henri Mondor est globalement bien meilleure que celle de La Pitié que ce soit pour l’occupation des locaux ou la performance rapportée aux moyens humains.

 

La troisième inexactitude est de feindre de croire que la qualité des soins est en cause dans cette affaire.

Non, M Pecresse, le CHU de Mondor n’est pas un petit hôpital où l’on opère de temps en temps.

C’est un grand CHU qui vient d’être sélectionné au titre du grand emprunt sur trois projets de cohortes : un comme porteur principal, Psy-Co sur la psychiatrie et deux comme partenaire, Radico sur les maladies rares, Coblance sur les cancers de la vessie.

C’est un grand CHU qui est porteur principal d’un projet ambitieux autour d’un institut du vaccin VIH/VHC.

C’est un grand CHU dont la cardiologie constitue la 2éme activité de cardiologie de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP) par le nombre d’admissions, le 1er service d’accueil des infarctus du myocarde, la 1ère activité de chirurgie vasculaire.

Enfin, les arguments avancés sur l’évolution de la technique médicale révèlent une ignorance certaine – et au demeurant explicable pour un économiste-  des rapports qu’entretiennent la chirurgie cardiaque et la cardiologie interventionnelle.

 

Certes, la chirurgie cardiaque a connu des progrès considérables, en permettant notamment les pontages ou les remplacements valvulaires.

Certes, la cardiologie interventionnelle a supplanté dans plusieurs domaines la chirurgie cardiaque en permettant notamment le traitement d’un très grand nombre de lésions  coronaires par voie endovasculaire, sans nécessité d’ouverture du thorax.

 

Indiscutablement positives pour les patients, ces évolutions impliquent néanmoins un nécessaire adossement de la cardiologie interventionnelle à de la chirurgie cardiaque, notamment dans ses développements les plus récents dans le traitement des atteintes valvulaires cardiaques. Les toutes récentes recommandations de la Société Européenne de Cardiologie insistent d’ailleurs sur cette notion de « heart team » impliquant la mise en commun de toutes les compétences médico-chirurgicales pour optimiser les résultats cliniques pour chaque patient pris en charge.

Dès lors, la fermeture du service de chirurgie cardiaque de Mondor se traduirait par une triple peine :  l’impossibilité d’opérer les patients du Val de Marne et de la Seine et Marne à proximité de leur domicile avec pour conséquence l’accroissement des délais d’attentes et l’éloignement du patient de son environnement familial ; la mise en cause de l’équilibre budgétaire du CHU Mondor ; le recul de l’attractivité de l’ensemble de la cardiologie de Mondor vis-à-vis des PU-PH et des jeunes cardiologues mais aussi des généralistes qui préféreront orienter leurs patients vers les hôpitaux offrant toute la filière.

 

Fermer le service de chirurgie cardiaque de l’hôpital Henri Mondor et concentrer toujours plus les moyens humains et financiers sur quelques CHU intra muros, c’est dégrader encore l’efficience de l’APHP, accroître l’inégalité sanitaire en Ile de France et renoncer à  une vision multipolaire de la métropole, où l’excellence est partout possible. C’est un choix, mais qui ne peut se prévaloir ni des principes de bonne gestion, ni de la référence à la qualité ou au courage.

Les prévisions des économistes ont conduit ces derniers temps à une crise économique sans précédent. Or, en ce qui concerne la santé des populations et particulièrement en cardiologie, les inexactitudes commises se comptent en nombre de décès. Une analyse basée sur un seul chiffre, celui du nombre d’interventions lourdes par an, sans vision globale et avec des préjugés lourds à l’égard de la banlieue, ne peut conduire qu’à l’erreur. Le chirurgien connait ce principe de base et sait que dans ce cas la chirurgie peut être ravageuse.

 

Pr Jean-Pierre Becquemin, responsable du pole médico-chirurgical cardiaque  et vasculaire; chef de service de chirurgie vasculaire et endocrinienne Pr Jean-Paul Couetil, chef du service de chirurgie cardiaque Pr Jean-Luc Dubois-Randé, chef du service de cardiologie 1 Pr Pascal Gueret, chef du service de cardiologie 2 Pr Emmanuel Teiger, responsable du département de cardiologie interventionnelle Pr Luc Hittinger, responsable de l’unité fonctionnelle insuffisance cardiaque.

Il faut noter que cela touche pour la première fois un des CHU les plus réputés de France. Que les cardiologues souvent très majoritairement en soutien de la droite néolibérale franchissent le Rubicon. Les « blazés » diront : « Ils ne font que défendre leurs intérêts ». C’est juste. Mais les cardiologues de gauche « ne défendait-ils pas aussi leurs intérêts ». En fait, nous sommes à un tournant. La droite néolibérale ne peut plus satisfaire l’ensemble de sa clientèle traditionnelle car elle a besoin de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes pour combattre la baisse tendancielle du taux de profit. Tous ceux qui ne comprendront pas ce tournant auront du mal à comprendre la suite.

 

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