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L’alliance qui complote contre la Sécu se précise

Les 26 directeurs généraux préfigurateurs des ARS,

L’alliance qui complote contre la Sécu se précise

 

Par Bernard Teper

Jeudi 8 octobre 2009

 

Les 26 directeurs généraux préfigurateurs des ARS, suite à la loi Bachelot dite Hôpital, patients, santé, territoires (HPST, ont été nommés par Nicolas Sarkozy, président de la République, en conseil des ministres. La liste est pleine d’enseignements. On voit dans ces nominations le contour du système d’alliances qui s’est construit au fil du temps contre la Sécurité solidaire.

On savait que le coeur de l’alliance était la droite néolibérale et le Medef.

Marchandiser et privatiser le premier budget humain est pour la droite néolibérale le coeur de leur action en France, en Europe et dans le monde. Denis Kessler, ancien président de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), ancien n°1 du Medef et actuel président d’une des plus grandes firmes de la réassurance (SCOR) avait dévoilé le projet secret de Sarkozy et des néolibéraux dans son fameux article intitulé “Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !” (Challenges le 4 octobre 2007).

Mais malheureusement, une partie de la gauche a prêté main forte à cette entreprise de destruction du système de santé et de sécurité sociale solidaire. Nous avons pu le voir sur les 42 ans de contre-réformes de 1967 à aujourd’hui.

Eh bien le sens de l’ouverture Sarkoziste est venu corroborer tout cela. Voyons plutôt, dans les 26 nominations, qui est qui. Une chose est sûre : la majorité des nominés font partie de la droite néolibérale pur sucre.

Rien d’étonnant à cela.

Mais vous y verrez aussi le nombre de nominations qui proviennent de la Fédération nationale de la mutualité française, du Parti socialiste et surtout des anciens cabinets ministériels socialistes. Pour travailler à l’union de toutes les gauches, indispensable à la transformation sociale, il est urgent que le Parti socialiste, encore, premier parti de la gauche, clarifie ses positions sur le premier budget humain français, qu’est la protection sociale.

 

Voyons donc certains nominés :

  • Claude Evin nommé directeur de l’ARS d’Ile-de-France, fut ancien député socialiste (1978-88, 1991-93 et 1997-2007) et ministre socialiste de la santé et des affaires sociales de mai 1988 à mai 1991. En tant que président de la Fédération hospitalière de France (FHF), il a soutenu la loi Bachelot “Hôpital, patients, santé, territoires” .
  • Denis Morin, conseiller maître à la Cour des comptes, a été nommé directeur général préfigurateur de l’Agence régionale de santé (ARS) de Rhône-Alpes. De septembre 1989 à octobre 1992, il a travaillé au cabinet du ministre socialiste chargé du budget Michel Charasse, comme conseiller technique puis comme directeur adjoint. De 1992 à 1993, il est resté dans le cabinet du nouveau ministre socialiste du budget, Martin Malvy, également comme directeur adjoint puis en tant que directeur adjoint du cabinet du ministre socialiste de l’économie, Dominique Strauss-Kahn (actuel directeur du Fonds monétaire international nommé par Sarkozy) et, parallèlement, comme directeur de cabinet du secrétaire d’Etat socialiste au budget, Christian Sautter.Il a gardé sa fonction de directeur de cabinet lorsque Christian Sautter est devenu ministre socialiste de l’économie, des finances et de l’industrie. En 2000, après quelques mois au ministère de l’économie comme conseiller du nouveau ministre Laurent Fabius, il a été directeur de cabinet de la ministre de l’emploi et de la solidarité, Martine Aubry, puis conseiller auprès de la nouvelle ministre de l’emploi et de la solidarité, Elisabeth Guigou.
  • Dominique Deroubaix, nommé directeur de l’Agence régionale de l’hospitalisation (ARH) du Nord-Pas-de-Calais, fut nommé en juillet 2000 par le gouvernement Jospin secrétaire général de l’AP-HP.
  • Le directeur général de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF), Daniel Lenoir, a été nommé mercredi directeur général préfigurateur du Nord-Pas-de-Calais. La FNMF, qui regroupe la majorité des mutuelles de France dont les présidents sont souvent issus de la gauche, préside l’UNOCAM (regroupant les organismes complémentaires pour la santé) est la principale force alliée au Président de la république Nicolas Sarkozy pour marchandiser et privatiser la protection sociale.
  • La préfète des Hautes-Alpes, Nicole Klein, a été nommée mercredi directrice générale préfiguratrice de l’Agence régionale de la santé (ARS) d’Aquitaine. Elle fut nommée en 1989 chef de cabinet du ministre délégué auprès du ministre de gauche de la culture, de la communication, des grands travaux et du bicentenaire, elle a ensuite été chargée de mission au cabinet du Premier ministre Michel Rocard entre septembre 1990 et mai 1991.
  • Xavier Chastel, membre du comité de direction du groupe minier et métallurgique français Eramet et directeur général d’une de ses filiales, a été nommé directeur général préfigurateur de l’Agence régionale de santé (ARS) de Midi-Pyrénées. De 1997 à 1999, Xavier Chastel a été conseiller technique de la ministre de l’emploi et de la solidarité Martine Aubry, en charge des régimes de retraite, de la politique familiale et des organismes d’assurance complémentaire.
  • Le sous-préfet du Havre, Gilles Lagarde, a été nommé mercredi directeur général préfigurateur de l’Agence régionale de santé (ARS) de Haute-Normandie. Il fut chef de cabinet chef de cabinet du ministre socialiste de l’intérieur (Philippe Marchand) entre juillet 1990 et avril 1992.
  • Cerise sur le gâteau, le directeur de Santéliance Conseil, Christophe Jacquinet, nommé mercredi directeur général préfigurateur de Picardie, a été directeur adjoint, puis directeur de deux cliniques au Havre (Seine-Maritime) appartenant au groupe Générale de santé, de 1993 à 1996.Il a ensuite été nommé directeur général de la clinique de Caen du même groupe, de 1997 à 2000. De 2001 à 2006, il était directeur régional du groupe Générale de santé pour la Normandie et la Bretagne. Il a été également président du Groupement d’intérêt économique (GIE) de l’hospitalisation à domicile (HAD) publique/privée, Hospidomi, du Havre. A noter que la Générale de santé est le premier groupe d’hospitalisation privée en France qui bénéficie de l’action des ARH hier et des ARS demain pour privatiser les secteurs rentables de l’hospitalisation et pour laisser aux hôpitaux publics les secteurs non rentables selon l’adage : « privatisons les profits et socialisons les pertes ».

 

Tout ceci pousse à une clarification à gauche pour tous ceux qui estiment qu’être de gauche, c’est promouvoir le principe de solidarité (à chacun selon ses besoins et chacun doit y contribuer selon ses moyens) contre le principe de la sélection par le risque (à chacun en fonction de ses moyens dans un système à plusieurs vitesses en fonction des revenus) chère aux néolibéraux de droite mais malheureusement aussi trop souvent de gauche.

On peut compter sur l’UNAM et ses partenaires syndicaux et, associatifs, pour développer la campagne d’éducation populaire tournée vers l’action d’une part pour clarifier les enjeux et d’autre part pour éclairer les citoyens et leurs familles.

 

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