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Un think-thank(1) assurantiel prépare la suite des contre-réformes

Après 42 ans de contre-réformes, le processus de privatisation et de marchandisation de la santé va continuer. Un think-tank patronal proche des firmes multinationales des assurances prépare la suite de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes tant dans l’hôpital, que sur les Affections Longue Durée (ALD) que sur l’organisation du transfert de la Sécu vers les complémentaires santés.

Le cabinet de conseil Jalma a présenté, mercredi 25 novembre 2009 à

Paris, un livre blanc intitulé « Quel avenir pour l’assurance maladie » réalisé avec l’institut de sondage CSA.

Dans ce document, nous avons les résultats d’une enquête d’opinion sur la perception des assurés sociaux sur le système de remboursement des soins mais aussi des études visant à satisfaire les futures prédateurs de la Sécurité sociale au profit principalement des firmes multinationales des assurances mais aussi de toutes les structures de complémentaire santé pratiquant la gestion par le risque (Instituts de prévoyance et grandes mutuelles déjà assurantielles).

Bien évidemment, ces études sont réalisées pour justifier la politique néolibérale.

Les questions sont faites pour « enfumer » les sondés qui ne sont pas à égalité d’expertise et qui ne comprennent pas toujours la question (par exemple sur le poids des remboursements du dentaire, de l’optique ou des ALD).

Cet état de fait doit nous conduire à renforcer nos efforts d’éducation populaire tourné vers l’action car sinon, les assurés sociaux continueront à être abusés par ces charlatans.

Toujours est-il que les résultats montrent le chemin que risque de prendre tant le gouvernement et tous ceux qui travaillent à la privatisation de la santé et de la sécu.

Toute cette étude est faite pour aller vers des déremboursements massifs.

Cette étude à charge est organisé (en se servant d’un sondage dont les sondés ne sont manifestement pas au niveau d’expertise pour pouvoir délibérer par la raison) contre toute augmentation des recettes, que ce soit par les cotisations ou par l’impôt.

Par exemple, les sondés pensent qu’en diminuant les déremboursements des médicaments à faible service médical rendu, on peut lutter contre le déficit.

De plus, tout est fait dans cette étude pour amener les sondés à aller dans le sens de la politique gouvernementale sans qu’ils s’en aperçoivent.

Par exemple, en croyant que l’encadrement de la médecine ambulatoire est suffisant pour lutter contre le déficit de la sécu.

Arrivent alors les conclusions des « sorciers » de Jalma, à savoir , préparer l’opinion à la réduction progressive du « petit risque » et remettre en cause la prise en charge à 100% des ALD.

Prévoyant un trou de la sécu de 150 milliards d’euros en 2015, ces mêmes « gourous » préconisent un « changement de paradigme pour l’assurance-maladie».

Comment ?

Rien que du très connu (mais là, c’est écrit !) :

-la Sécu abandonnerait le dentaire, l’optique, le petit appareillage et les médicaments à 35 % et 15% de remboursements,

– On mettrait en place d’un ticket modérateur sur les ALD (5 % en 2011-2012 et 10 % ensuite) et pourquoi se gêner en augmentant encore ce chiffre !

– On organiserait le transfert du financement des Indemnités journalières (IJ) aux entreprises en contrepartie d’ exonérations massives de charges (sic !)

-On accentuerait le transfert massif de la Sécu vers les complémentaires car « les Français font plus confiance à leur assureur qu’à l’assurance maladie pour gérer efficacement leur contribution financière. »

Bien évidemment, aucune réflexion n’est faite par les pouvoirs publics et les organismes de réflexion sur le scandale de la déformation de la valeur ajoutée depuis plus d’un quart de siècle qui font que 9,3 points de PIB par an sont passés de la part des revenus du travail et des cotisations sociales aux profits (tout en diminuant les investissements productifs dans la même période !).

Pourtant, aucune solution solidaire ne peut se construire sans avoir une réflexion sur le partage des richesses.

Il faut prendre cette étude sérieusement, car c’est ce qui nous attend.

Il faut donc lever la garde, expliquer, faire comprendre, résister et produire des alternatives. Et bien sûr tout cela va accroître.

 

(1)Un think tank, littéralement «réservoir de pensée», est une organisation, en principe de droit privé, indépendante, réunissant des experts, vouée à la recherche d’idées nouvelles, et cherchant à peser sur les affaires publiques. L’expression provient du vocabulaire militaire.

 

Comité de rédaction de l’UNAM

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